Bernard Gantner

Belfort, 16 août 1928 - 1er juin 2018, Belfort

« Neige à Rougegoutte »

Aquarelle et gouache

32,5x24,5cm (à vue)

Signature en bas à droite

1995

Bernard GANTNER Neige à Rougegoutte aquarelle et gouache,  32,5x24,5cm - 1995. Bernard Gantner
Bernard GANTNER "Neige à Rougegoutte" aquarelle et gouache, 32,5x24,5cm - 1995
Bernard GANTNER Neige à Rougegoutte aquarelle et gouache,  32,5x24,5cm - 1995 (avec son cadre). Bernard Gantner
Bernard GANTNER "Neige à Rougegoutte" aquarelle et gouache, 32,5x24,5cm - 1995 (avec son cadre)

Provenance :
- collection privée, Bas-Rhin


Cette aquarelle et gouache sur papier de Bernard Gantner, signée et datée en bas à droite (1995), titrée et située au revers Neige à Rougegoutte, s’inscrit avec une évidence remarquable dans le cœur même de l’univers poétique de l’artiste. Format intimiste (32,5 x 24,5 cm), mais intensité atmosphérique magistrale : cette œuvre illustre pleinement la place centrale qu’occupe, chez Gantner, le paysage enneigé — non comme simple motif saisonnier, mais comme langage intérieur, territoire émotionnel et mémoire sensible des marges vosgiennes.

Rougegoutte, aux confins du Territoire de Belfort et des premiers reliefs vosgiens, offre ici à Gantner un sujet idéal : un village modeste, presque effacé, saisi dans le silence d’un hiver profond. L’artiste ne cherche nullement la description pittoresque ou régionaliste ; il transpose ce paysage rural en expérience de dépouillement, où la neige devient substance picturale et principe de transfiguration.

La composition repose sur une architecture d’une extrême sobriété : quelques maisons aux volumes simples, presque anonymes, émergent avec retenue d’une vaste étendue blanche, tandis qu’en arrière-plan, la lisière boisée déploie ses ramures hivernales dans une dentelle graphique d’une finesse exceptionnelle. Ce réseau d’arbres dénudés, traité avec une précision nerveuse, contraste avec les larges réserves du papier et les lavis laiteux du sol enneigé. Gantner démontre ici sa maîtrise singulière du médium : l’aquarelle apporte transparence, respiration et vibration atmosphérique ; la gouache, par touches plus opaques, structure la neige et renforce la matérialité silencieuse du paysage.

La palette, d’une retenue exemplaire, privilégie les gris bleutés, les blancs cassés, les verts assourdis et les beiges froids. Quelques accents colorés — volets turquoise, rouges atténués — suffisent à humaniser la scène sans rompre sa méditation chromatique. Cette économie de moyens rappelle combien Gantner savait faire du presque rien une émotion picturale profonde. La lumière semble ici venir du ciel lui-même, diffusée dans une brume hivernale qui dissout les contours et enveloppe les formes d’une douceur mélancolique.

L’œuvre révèle également l’un des traits essentiels de Bernard Gantner : sa capacité à faire du paysage un état d’âme. À l’instar de certains grands peintres de la neige — de Sisley dans ses harmonies froides à René Seyssaud ou même certains expressionnistes d’Europe centrale dans leur intériorité rurale — Gantner développe cependant une voie profondément personnelle, plus silencieuse, presque contemplative. Chez lui, la neige n’écrase pas : elle apaise, absorbe, suspend.

Neige à Rougegoutte apparaît ainsi comme bien davantage qu’une vue localisée : c’est une méditation sur l’hiver, le retrait et la permanence fragile des choses simples. En 1995, Bernard Gantner, fidèle à son imaginaire des Vosges et des terres de l’Est, y affirme une fois encore son statut de peintre majeur du paysage enneigé, capable de transformer un humble village sous la neige en vision universelle de silence et de mémoire.











Information(s) supplémentaire(s) : Cadre d'origine. Format avec son cadre : 49x41cm. Contresigné, titré et daté au dos.

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