Bernard Gantner

Belfort, 16 août 1928 - 1er juin 2018, Belfort

« Rue »

Aquarelle, gouache et crayon

30,5x15cm (à vue)

Signature en bas à droite

Bernard GANTNER Rue aquarelle, gouache et crayon, 30,5x15cm (détail). Bernard Gantner
Bernard GANTNER "Rue" aquarelle, gouache et crayon, 30,5x15cm (détail)
Bernard GANTNER Rue aquarelle, gouache et crayon, 30,5x15cm (avec son cadre). Bernard Gantner
Bernard GANTNER "Rue" aquarelle, gouache et crayon, 30,5x15cm (avec son cadre)

Provenance :
- Galerie Sum qui Sum, Strasbourg (Georges Schirm)
- collection privée, Bas-Rhin (acquis auprès du précédent)



Cette œuvre de Bernard Gantner, mêlant aquarelle, gouache et crayon (30,5 x 15 cm), révèle une facette particulièrement subtile de son univers : celle d’un observateur profondément sensible à la poésie silencieuse des espaces urbains modestes, loin du spectaculaire, mais chargés de mémoire. Si Bernard Gantner demeure avant tout célébré pour ses paysages enneigés et ses visions vosgiennes, cette rue étroite, presque anonyme, témoigne de son aptitude remarquable à saisir également l’âme des architectures ordinaires.

Le format vertical, étroit et allongé, conditionne ici puissamment la perception. Il impose une lecture ascendante et immersive, comme si le spectateur se trouvait lui-même engagé dans cette rue resserrée, aspiré par la perspective montante des façades. Cette composition accentue la sensation d’enfermement doux, propre à certaines rues anciennes des petites villes ou bourgs historiques, où les maisons, serrées les unes contre les autres, forment une architecture de proximité.

Gantner déploie une écriture graphique particulièrement raffinée. Le crayon structure l’ensemble par un réseau nerveux de lignes fines, presque frémissantes, qui définissent fenêtres, toitures, corniches et percées urbaines avec une économie remarquable. Ces tracés ne cherchent jamais la rigidité descriptive : ils suggèrent, effleurent, laissent vibrer l’irrégularité du bâti ancien. L’aquarelle, quant à elle, diffuse une lumière laiteuse et voilée, baignant la scène dans une atmosphère grise, presque brumeuse, où dominent les blancs cassés, les bleus sourds, les gris rosés et quelques accents de rouges de toitures.

La gouache intervient avec retenue pour renforcer certains volumes et apporter aux façades une densité silencieuse. Cette superposition des techniques permet à Gantner de maintenir un équilibre rare entre précision architecturale et dissolution atmosphérique. La rue paraît à la fois tangible et presque mémorielle, comme vue à travers le filtre du souvenir.

L’absence quasi totale de figures humaines participe de cette esthétique du silence, caractéristique de l’artiste. La ville n’est pas désertée ; elle semble simplement suspendue, saisie dans une heure calme où l’architecture devient présence humaine indirecte. Le petit véhicule au fond, discrètement placé, agit comme une ponctuation moderne minimale dans un ensemble qui demeure dominé par la permanence du bâti.

Cette œuvre peut être rapprochée, dans son esprit, de certaines traditions de la “vue de rue” intimiste, entre dessin d’architecture sensible et paysage intérieur. Toutefois, Gantner conserve une identité pleinement singulière : il ne documente pas, il évoque. Il transforme la rue en espace psychique, en couloir de mémoire.

Ainsi, cette composition démontre combien Bernard Gantner, au-delà de ses célèbres paysages d’hiver, fut aussi un poète du tissu urbain ancien, capable de révéler, par la délicatesse de ses moyens graphiques, la beauté fragile et presque mélancolique des rues silencieuses. Cette feuille apparaît comme une méditation sur la ville modeste, saisie non dans son animation, mais dans sa respiration intérieure.




Information(s) supplémentaire(s) : Excellent état de conservation. Format avec son cadre : 43,5x28cm.

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