Camille Claus

Strasbourg, 1920 - 2005, Strasbourg

« Strasbourg III - Meilleurs voeux »

Huile sur toile

Vue de Strasbourg

92x65cm

Signature en bas à gauche

1971

Camille CLAUS Strasbourg III / Meilleurs voeux huile sur toile, 92x65cm - 1971 (détail). Camille Claus
Camille CLAUS "Strasbourg III / Meilleurs voeux" huile sur toile, 92x65cm - 1971 (détail)
Camille CLAUS Strasbourg III / Meilleurs voeux huile sur toile, 92x65cm - 1971 (détail). Camille Claus
Camille CLAUS "Strasbourg III / Meilleurs voeux" huile sur toile, 92x65cm - 1971 (détail)
Camille CLAUS Strasbourg III / Meilleurs voeux huile sur toile, 92x65cm - 1971 (avec son cadre). Camille Claus
Camille CLAUS "Strasbourg III / Meilleurs voeux" huile sur toile, 92x65cm - 1971 (avec son cadre)
Camille CLAUS Strasbourg III / Meilleurs voeux huile sur toile, 92x65cm - 1971 (verso). Camille Claus
Camille CLAUS "Strasbourg III / Meilleurs voeux" huile sur toile, 92x65cm - 1971 (verso)
Littérature :
  • Reproduit in "Une mythologie alsacienne" par Camille Claus, Edité par Association Jean-Baptiste Weckerlin, 1972

Ce tableau de Camille Claus, daté 1971 et intitulé Strasbourg III — également connu sous la dénomination Meilleurs vœux — constitue l’une des œuvres les plus énigmatiques et conceptuellement abouties de l’artiste. Reproduit en 1972 dans l’ouvrage Une mythologie alsacienne, publié par l’Association Jean-Baptiste Weckerlin, il s’inscrit pleinement dans la réflexion singulière que Claus développe autour de l’identité urbaine strasbourgeoise, entre réalité topographique et transfiguration mentale.

La scène représente une rue de Strasbourg, identifiable non par des monuments précis mais par une atmosphère architecturale et spatiale familière : façades étroites, alignements verticaux, perspective resserrée qui conduit le regard vers un point de fuite presque irréel. Cependant, cette rue n’est pas traitée selon une logique naturaliste. Elle devient un espace mental, une sorte de décor silencieux où le réel semble suspendu.

Deux figures masculines structurent la composition. L’une, au premier plan à droite, marche calmement, absorbée dans son propre mouvement, tandis que l’autre, au fond de la rue, lévite littéralement dans l’espace, chapeau à la main, comme figée dans un geste de salutation ou d’adieu. Cette figure flottante introduit une rupture radicale avec les lois de la gravité et du temps, transformant la scène urbaine en une vision onirique. Le réverbère, les lignes architecturales et la perspective rigoureuse accentuent paradoxalement cette étrangeté, en ancrant l’irréel dans un cadre parfaitement crédible.

La palette est volontairement atténuée et froide, dominée par des bleus sourds, des beiges laiteux et des gris subtils. Cette économie chromatique renforce la sensation de silence et d’intemporalité. Les surfaces sont lisses, presque sans trace de geste, conférant à l’ensemble une qualité méditative et distanciée. La ville semble vidée de toute agitation, réduite à une structure géométrique et symbolique.

La référence à René Magritte s’impose avec évidence. Comme chez le maître du surréalisme belge, Claus utilise un vocabulaire figuratif clair, lisible, pour mieux en subvertir la logique. La figure en lévitation, motif cher à Magritte, évoque directement ses hommes flottants, tout comme le décalage entre la banalité du décor urbain et l’irruption de l’impossible. Toutefois, là où Magritte interroge l’image et le langage, Camille Claus développe une mythologie locale, inscrivant l’étrangeté dans le tissu même de Strasbourg. La ville devient un théâtre métaphysique, un lieu où le quotidien se charge d’une dimension poétique et symbolique.

Strasbourg III ne se contente donc pas de représenter une rue : il propose une vision intérieure de la ville, une Alsace rêvée, méditative, presque métaphysique. L’œuvre témoigne de la capacité de Camille Claus à dépasser le régionalisme pour atteindre une forme d’universalité, en faisant de Strasbourg non seulement un lieu géographique, mais un espace de pensée, de mémoire et de mystère. Par son équilibre entre rigueur formelle et imaginaire surréalisant, ce tableau s’impose comme une pièce majeure de son œuvre et comme une contribution originale à l’art figuratif européen de la seconde moitié du XXᵉ siècle.

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