Charles Adam-Leonhard dit « Laise »

1876 - après 1918

« Vue de la cathédrale de Strasbourg »

Aquarelle

Cathédrale de Strasbourg

17x11cm (à vue)

Signature en bas à droite

vers 1900 et 1918

Charles-Adam Leonhard Vue de la cathédrale de Strasbourg aquarelle, 17x11cm (détail). Charles Adam-Leonhard
Charles-Adam Leonhard "Vue de la cathédrale de Strasbourg" aquarelle, 17x11cm (détail)
Charles-Adam Leonhard Vue de la cathédrale de Strasbourg aquarelle, 17x11cm (détail). Charles Adam-Leonhard
Charles-Adam Leonhard "Vue de la cathédrale de Strasbourg" aquarelle, 17x11cm (détail)
Charles-Adam Leonhard Vue de la cathédrale de Strasbourg aquarelle, 17x11cm (verso). Charles Adam-Leonhard
Charles-Adam Leonhard "Vue de la cathédrale de Strasbourg" aquarelle, 17x11cm (verso)

Provenance :
- Kunsthandlung Jos. Scherer, Strasbourg (étiquette E. Schneider au dos)


Cette délicate aquarelle de petit format (17 x 11 cm), signée en bas à droite par Charles-Adam Leonhard, dit Laise (1876 – après 1918), s’inscrit dans la tradition des vues urbaines intimistes de Strasbourg, où l’artiste privilégie une approche sensible et atmosphérique plutôt qu’une transcription topographique rigoureuse.

La composition s’organise autour d’un chemin ou d’une voie bordée de clôtures sommaires et de constructions modestes, guidant le regard vers l’arrière-plan où se détache, dans une brume légère, la silhouette élancée de la cathédrale de Strasbourg. La flèche, traitée avec une économie de moyens remarquable, émerge comme un repère spirituel et visuel, presque dissous dans une vibration atmosphérique faite de lavis gris-bleutés et de nuances diaphanes. Cette présence lointaine confère à l’œuvre une dimension contemplative, où la monumentalité gothique se fond dans une perception intime du paysage quotidien.

Le premier plan, traité dans des tonalités chaudes d’ocre et de terre, contraste avec la fraîcheur diffuse de l’arrière-plan. Les touches d’aquarelle, libres et parfois presque esquissées, laissent apparaître le grain du papier, participant à une esthétique de l’instantané. Quelques ponctuations chromatiques – notamment ces petites touches rougeâtres dans la végétation – viennent animer la surface et rompre la retenue de la palette.

L’arbre dénudé, placé légèrement en retrait, agit comme un relais visuel entre l’espace proche et le lointain, tout en introduisant une dimension saisonnière, probablement hivernale ou de début de printemps. L’ensemble évoque une scène de périphérie urbaine ou de faubourg, là où la ville historique se laisse deviner plutôt qu’elle ne s’impose.

Dans son traitement, cette œuvre se rapproche des recherches d’artistes contemporains spécialisés dans les vues strasbourgeoises, tels que Albert Koerttge (1861–1940) ou Gustave Krafft (1861–1927). Toutefois, là où Koerttge privilégie souvent une description plus structurée et architecturée de la ville, et où Krafft développe une vision plus pittoresque et détaillée du tissu urbain, Laise adopte ici une écriture plus libre, presque impressionniste, centrée sur la sensation et la mémoire visuelle. La cathédrale n’est plus un sujet en soi, mais un motif lointain, un signe, intégré dans une vision poétique du territoire.

Cette aquarelle témoigne ainsi d’une approche plus intime et moderne de la représentation urbaine, où Strasbourg devient moins un objet d’étude qu’un paysage vécu, perçu dans sa douceur atmosphérique et sa temporalité fugace. Elle s’inscrit pleinement dans cette production discrète mais raffinée d’artistes régionaux du tournant du XXᵉ siècle, qui surent renouveler le regard porté sur la ville en privilégiant l’émotion, la lumière et la suggestion.




Information(s) supplémentaire(s) : Bon état. Cadre d'origine. Jamais décadré. Format avec son cadre : 31x24,5cm.

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