Muller Frères Lunéville « Paysage alsacien à la cathédrale de Strasbourg »Verre multicouche gravé à l'acide Cathédrale de Strasbourg Hauteur : 14,5cm et diamètre : 9cm Signature milieu bas vers 1900
Muller Frères Lunéville "Paysage alsacien à la cathédrale de Strasbourg" verre multicouche, hauteur : 14,5cm - vers 1900
Muller Frères Lunéville "Paysage alsacien à la cathédrale de Strasbourg" verre multicouche, hauteur : 14,5cm - vers 1900
Muller Frères Lunéville "Paysage alsacien à la cathédrale de Strasbourg" verre multicouche, hauteur : 14,5cm - vers 1900
Muller Frères Lunéville "Paysage alsacien à la cathédrale de Strasbourg" verre multicouche, hauteur : 14,5cm - vers 1900 (marque)
Ce vase en verre multicouche, signé Muller Frères Lunéville et haut de 14,5 cm, constitue un exemple particulièrement raffiné de la production du célèbre atelier lorrain dans les décennies suivant l’apogée de l’Art nouveau, lorsque la maison privilégie une poésie paysagère intimiste et profondément enracinée dans le territoire rhénan.
Soufflé puis travaillé à chaud, l’objet se caractérise par une stratification chromatique d’une grande subtilité — dégradés de rose ambré, de bleu violacé et de jaune opalin — restituant l’atmosphère suspendue d’un lever ou d’un coucher de soleil. Sur ce fond satiné, délicatement diffus, se détache un décor en verre noirci, dégagé à l’acide, dont le relief confère une présence presque sculpturale aux silhouettes.
Le paysage, traité en frise circulaire, condense les emblèmes visuels de l’Alsace : deux cigognes, l’une en vol, l’autre posée dans les roselières, incarnent le foyer, la fécondité et l’attachement au sol natal. À l’arrière-plan se dresse, parfaitement identifiable, la flèche gothique de la cathédrale de Strasbourg, qui émerge de la brume crépusculaire comme repère spirituel, urbain et mémoriel. Plus loin encore, dans un bleu vaporeux, se devine la fameuse « ligne bleue des Vosges », cette frontière poétique devenue mythe régionaliste depuis la fin du XIXe siècle. Elle inscrit le vase dans un imaginaire géographique partagé, où paysage, histoire et identité se superposent.
La composition, structurée par un arbre en bordure et rythmée par la gradation des plans — du noir profond au bleu translucide — témoigne de l’art consommé des Muller Frères, héritiers du naturalisme galléen mais désormais séduits par une stylisation plus concise, presque graphique. L’objet illustre ainsi la maturité esthétique de l’atelier : un art narratif mais non anecdotique, sobre, équilibré, habité par une symbolique discrète.
Par son format intime, la qualité d’exécution et la puissance évocatrice de son décor, ce vase apparaît comme une synthèse remarquable de la sensibilité verrière lorraine vers 1900 — un hommage silencieux mais vibrant à l’âme alsacienne.
Information(s) supplémentaire(s) : Excellent état.
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